Luxation acromio-claviculaire chronique à Nîmes (Gard)

Les médecins du cabinet de chirurgie orhopédique situé à Nîmes (Gard) vous informent sur la luxation acromio-claviculaire chronique.

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L’omoplate comporte plusieurs parties osseuses notamment l’acromion qui est la partie haute de l’omoplate et la coracoïde qui est un crochet osseux en avant de l’omoplate.

L’articulation acromio-claviculaire relie l’acromion à la clavicule.

Schéma de la luxation acromio-claviculaire, les différentes parties de l'épaule sont représentées : l'articulation, l'acromio-claviculaire, l'acromion, les ligaments, le coracoïde et l'omoplate.

Elle est maintenue par plusieurs ligaments. On différencie les ligaments acromio-claviculaires qui sont autour de l’articulation, des ligaments coracoclaviculaires qui sont à distance de l’articulation et relient la coracoïde à la clavicule.

Lors d’un traumatisme au niveau de l’épaule, ces ligaments peuvent être rompus. L’articulation acromio- claviculaire n’est plus maintenue, l’épaule et l’omoplate sont tirées vers le bas par la pesanteur et la clavicule est ascensionnée par les muscles. On parle alors de luxation acromioclaviculaire responsable de douleur et de déformation visible.

Schéma de la luxation acromio-claviculaire qui ne se réduit pas spontanément.

La luxation acromio-claviculaire ne se réduit pas spontanément.

En l’absence d’un geste chirurgical, la clavicule reste ascensionnée et les ligaments ne cicatrisent pas en position efficace. Ceci, mis à part le désagrément esthétique, peut occasionner sur le long cours une gêne permanente et une fatigabilité lors de certaines activités de la vie courante ou sportive.

Déroulement

Déroulement de l'opération de la luxation acromio-claviculaire aigu

Avant le traitement ?

Un bilan complet incluant radiographies, parfois échographie, scanner, est réalisé permettant de confirmer le diagnostic et de prévoir la chirurgie.

Quel traitement ?

Le but de l’opération est de remettre la clavicule à niveau et de la stabiliser afin de retrouver un fonctionnement optimal de l’épaule permettant la reprise de toutes les activités.

L’intervention consiste à replacer la clavicule à son niveau naturel, et cela de manière durable.

La chirurgie est réalisée sous anesthésie générale et/ou locorégionale. Elle dure en moyenne une heure.

Une cicatrice est réalisée sur le dessus de l’épaule, et de taille adaptée à chaque patient et pathologie. La clavicule et la coracoïde sont exposées.

Une ancre est vissée au niveau de la coracoïde. Les fils montés sur cette ancre sont passés à travers de la clavicule par des petits tunnels. Il suffit alors de réduire la clavicule à son emplacement naturel et de nouer les fils entre eux afin de maintenir la clavicule en place.

Schéma représentant le but de l'opération de la luxation acromio-claviculaire chronique. Schéma de l'extrémité de la clavicule sectionnée.

L’extrémité de la clavicule est sectionnée. Le ligament acromio-coracoïdien, qui est un ligament accessoire tendu entre la coracoïde et l’acromion, est détaché de ce dernier. Il est ensuite passé dans la tranche de section de la clavicule et fixé à celle-ci, remplaçant ainsi les ligaments rompus.

A la fin de l’intervention, un drain est laissé permettant d’évacuer l’hématome. Le drain sera  enlevé dans les jours qui suivent l’intervention.

Un pansement stérile ainsi qu’une attelle d’immobilisation sont souvent mis en place quelques jours.

Et après ?

Le traitement de la douleur sera mis en place, surveillé et adapté de manière très rapprochée dans la période post-opératoire.

La rééducation va être débutée selon les habitudes et prescriptions de votre chirurgien. Pendant la période postopératoire votre autonomie va être diminuée.

Pendant les 6 premières semaines suivant l’opération, votre épaule est immobilisée dans une attelle coude au corps. Il ne sera pas possible de forcer sur votre épaule avant 45 jours, délai nécessaire à la bonne cicatrisation des ligaments.

Ces délais sont variables et sont donnés à titre indicatif et seront confirmés lors de la consultation avec votre chirurgien. Après quelques jours d’hospitalisation, votre chirurgien autorisera votre sortie avec les ordonnances de soins nécessaires (pansement, antalgiques, kinésithérapie).

Après la 6ème semaine et la visite de contrôle chez votre chirurgien, vous pouvez enlever définitivement votre attelle et commencer la rééducation.

La rééducation doit être poursuivie impérativement, avec un kinésithérapeute. La reprise du volant est envisageable après le 2ème mois. Celle du travail survient en général après le 3ème mois et cela en fonction de votre profession, une activité de bureau pouvant être plus précoce.

Les activités sportives débutent généralement vers le 6ème mois et cela en fonction du sport pratiqué, notamment ceux sollicitant votre épaule. Vous serez revu en consultation avec des radiographies.

Complications

Quelles sont les complications ?

Les complications sont heureusement rares, mais il faut avoir conscience des risques, aussi minimes soient-ils. En effet, la survenue d’une complication rallonge souvent la récupération, compromet souvent le résultat attendu. Un traitement complémentaire, spécifique est souvent nécessaire. Si la plupart des complications guérissent avec des séquelles mineures, certaines peuvent laisser un handicap lourd, très important.

La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou à une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté. En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie, voici celles qui sont le plus couramment rencontrées, plus spécifiques à cette chirurgie et pour lesquelles nous réalisons une prévention active.

Quels sont les principaux inconvénients et risques précoces éventuels de l’intervention ?

  • L’épanchement de sang dans l’articulation ou hémarthrose ou la collection de sang dans les tissus situés autour de l’articulation (hématome)
  • Les infections. Ce sont les complications graves après une chirurgie. L’infection profonde est rare. Toutefois, une infection est une complication très sérieuse lorsqu’elle survient, pouvant laisser des séquelles importantes, et nécessitant un traitement long et fastidieux. La clé réside donc dans la prévention.
  • Les ennuis cicatriciels : désunion de la cicatrice, nécrose (mort de la peau) sont rares.
  • La paralysie nerveuse. Il s’agit d’une complication très rare, qui touche les nerfs situés près de la zone opéré.
  • Un œdème. Il se peut que le membre opéré soit enflé pendant les premières semaines qui suivent la chirurgie. Pour aider à réduire l’enflure, élevez le membre opéré dans la mesure du possible.
  • Les complications veineuses aux membres supérieurs sont exceptionnelles.
  • Les complications générales :
    • Les complications cardiovasculaires.
    • Un délire postopératoire.
    • Une rétention urinaire.
    • Des nausées.
    • Des réactions allergiques.

Quels sont les principaux inconvénients et risques tardifs éventuels de l’intervention ?

  • L’infection tardive.
  • L’algodystrophie.
  • La raideur articulaire.
  • La capsulite rétractile.
  • Les calcifications.
  • Des douleurs en regard du membre opéré.
  • Les cicatrices sont inévitables, définitives et indélébiles.
  • Une insuffisance de récupération musculaire.
  • La fracture osseuse de la clavicule.
  • La récidive de la luxation.
  • Risques liés au tabagisme.
Résultats attendus

Les résultats attendus

La disparition de la déformation, des douleurs et des sensations de fatigabilité est rapide après l’opération. La récupération complète de la mobilité et de la force musculaire survient en général entre le 2ème et le 3ème mois.

Le nouveau ligament n’est pas meilleur que les ligaments d’origine et une nouvelle rupture peut toujours survenir lors d’un traumatisme.

L’évolution peut aussi se faire vers une distension ligamentaire.

On retrouve néanmoins une articulation stable, une disparition des douleurs et une reprise de toutes les activités dans plus de 90% des cas.