Ostéosynthèse d’une fracture trochantérienne à Nîmes (Gard)

Les médecins du cabinet de chirurgie orhopédique situé à Nîmes (Gard) vous informent sur l'ostéosynthèse d'une fracture trochantérienne.

Accéder à :

De quoi s’agit-il ?

La fracture pertrochantérienne est une fracture qui intéresse l’extrémité supérieure du fémur mais laisse intact le col et la tête du fémur. C’est une fracture très fréquente qui survient surtout chez les personnes âgées après une chute de leur hauteur.

Si elle n’était pas fixée, cette fracture imposerait de rester au lit pendant une très longue période.

Or l’alitement prolongé est source de multiples complications dont certaines mortelles. Parmi les plus fréquentes : escarres, thrombo-embolie, infections et décompensation d’affections préexistantes.

La prévention de ces complications est basée sur une fixation de la fracture (ostéosynthèse) qui permet un lever précoce.

La particularité de la fracture pertrochantérienne est que dans l’immense majorité des cas, elle consolide et ne nécessite pas la pose d’une prothèse articulaire.

En accord avec le chirurgien et selon la balance bénéfice-risque, il est proposé à la personne fracturée une ostéosynthèse de l’extrémité supérieure du fémur.

Cette fixation osseuse se fait le plus souvent par vis-clou ou vis-plaque. Les alternatives à cette intervention ont bien été expliquées.

Fixation osseuse se fait le plus souvent par vis-clou ou vis-plaque.

Déroulement

Déroulement du traitement de l'ostéosynthèse d'une fracture trochantérienne.

Avant le traitement

Un bilan rapide de l’état général est réalisé afin de contrôler l’état général, d’équilibrer les traitements préexistants et en particulier de stabiliser la coagulation sanguine en cas de prise d’anticoagulants. Ce bilan, qui sera vérifié par l’anesthésiste et le chirurgien, ne doit pas retarder de plus de 2 ou 3 jours l’intervention, sauf cas exceptionnel.

Comment se déroule l’intervention ?

Une fois dans la salle d’opération, on vous préparera pour l’opération. On vous lavera et vous couvrira le corps de draps à l’exception de la région de la chirurgie. On vous administrera le type d’anesthésie dont on avait discuté avec vous au préalable et on procédera ensuite à la chirurgie.

La chirurgie est réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale et dure entre 45mn et 90mm. Une incision est réalisée à la face externe de la hanche selon les habitudes du chirurgien et selon la variété du matériel utilisé pour la fixation. Après réduction de la fracture, une ou deux vis sont placées dans le col et la tête du fémur et ces vis sont solidarisées à un tuteur vertical.

Ce tuteur peut être soit un clou intra osseux soit une plaque vissée contre le bord externe du fémur.

A la fin de l’intervention, un drain permettant d’évacuer l’hématome peut ou non être laissé. A la fin de l’intervention, un drain permettant d’évacuer l’hématome peut ou non être laissé. Si un drain est posé, il sera enlevé sur prescription.

La durée de l’intervention dépendra du type de chirurgie. Il se peut que l’on insère une sonde dans votre vessie afin d’en évacuer l’urine.

Après la chirurgie, on vous transportera vers la salle de réveil ou l’unité de soins post-anesthésie pour vérifier votre tension artérielle, votre pouls et votre respiration. Un analgésique, médicament contre la douleur, vous sera administré par voie intraveineuse ou par injection. On vous demandera de faire des respirations profondes et peut-être des exercices pour assurer une bonne circulation sanguine. Vous subirez peut-être une radiographie.

On vous amènera à votre chambre environ deux heures après la chirurgie.

À ce moment, l’infirmière vérifiera l’état de votre pansement, et il est possible que vous recommenciez à prendre vos médicaments. Un analgésique vous sera alors administré soit par injection, soit sous forme de comprimés. Vous pourrez peut-être prendre des boissons claires et manger léger si vous le souhaitez.

Le chirurgien viendra vous voir ou votre famille pour discuter de l’opération.

Le jour suivant l’intervention chirurgicale.

  • Vous pourriez subir des prises de sang pour des analyses.
  • Vous devriez pouvoir manger et boire tout ce que vous pouvez tolérer.
  • Vous pourriez recommencer à prendre vos médicaments habituels et des médicaments pour maîtriser la douleur.
  • Il se peut que l’on retire le cathéter, s’il y a lieu, et que l’on vous demande de vous lever et d’utiliser les toilettes.
  • Vous pourriez avoir la visite du kinésithérapeute, lequel vous aidera à faire les exercices visant à recouvrer votre mobilité.

La rééducation

Pendant cette phase postopératoire, le personnel soignant vous aidera pour récupérer au plus vite votre autonomie. Nous déconseillons fortement l’usage du tabac pendant cette période. Nous vous encourageons vivement à bouger très souvent vos orteils, vos chevilles et vos genoux. Ces exercices simples activent la circulation veineuse et facilitent la récupération.

Dès le premier jour postopératoire, vous recevrez la visite quotidienne d’un kinésithérapeute. Dans un premier temps il mettra l’accent sur la tonification desmuscles du membre opéré et il vous aidera à mobiliser doucement la hanche opérée. Le plus souvent les patients se lèvent pour s’asseoir dans un fauteuil dès le lendemain de l’opération. Le lever et l’appui sur le membre sont autorisés dès le lendemain sauf avis contraire du chirurgien.

Le 2ème jour après l’opération de la hanche, vous pourrez vous lever avec son aide et entreprendre la rééducation à la marche, soit avec un déambulateur, soit avec des cannes anglaises.

L’autorisation d’appui sur le membre inférieur opéré vous sera précisée par votre chirurgien et dépendra du type de synthèse réalisée, du type de fracture, d’éventuelles difficultés per-opératoires et de l’existence éventuelle d’une phlébite.

Dans certain cas, seul un appui partiel sur le côté opéré sera autorisé. Vous pourrez quitter la clinique quelques jours après l’opération, dès lors que vous serez indépendant dans les déplacements et que vous aurez assimilé les règles de base de la vie quotidienne.

Conseils pour le rétablissement

Il est important pour vous de suivre les conseils suivants :

  • Soyez actif. Augmentez graduellement votre degré d’activité.
  • Reposez-vous quand vous en sentez le besoin, mais ne restez pas alité une fois rendu à la maison.
  • Suivez votre programme d’exercices et d’entretien afin d’améliorer votre endurance et d’assurer un retour complet de votre mobilité.
  • Servez-vous des appareils d’assistance à domicile ou des accessoires fonctionnels afin de protéger les alentours de la plaie et de réduire le stress auquel elle est soumise.
  • Recommencez à manger normalement, sauf indication contraire. Mangez beaucoup d’aliments riches en protéines pour favoriser la guérison.
  • Suivez les directives reçues à votre sortie de l’hôpital à propos du bain, de l’activité sexuelle, du retour au travail et de la conduite automobile.
Complications

Quelles sont les complications ?

Les complications sont heureusement rares, mais il faut avoir conscience des risques, aussi minimes soient-ils. En effet, la survenue d’une complication rallonge souvent la récupération, compromet souvent le résultat attendu. Un traitement complémentaire, spécifique est souvent nécessaire. Si la plupart des complications guérissent avec des séquelles mineures, certaines peuvent laisser un handicap lourd, très important.

La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou à une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté. En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie, voici celles qui sont le plus couramment rencontrées, plus spécifiques à cette chirurgie et pour lesquelles nous réalisons une prévention active.

Quels sont les principaux inconvénients et risques précoces éventuels de l’intervention ?

  • L’hématome ou la collection de sang dans les tissus situés autour de la zone opératoire.
  • Une perte sanguine (anémie).
  • Les infections.
  • Une inégalité de longueur peut aussi survenir (par exemple, un raccourcissement de jambe).
  • Un oedème.
  • Les complications veineuses en cas de prothèses des membres inférieurs : hanche, genou, cheville.
  • Les complications générales :
    • Les complications cardiovasculaires.
    • Un délire postopératoire.
    • Une rétention urinaire.
    • Des nausées.
    • Constipation.
    • Des réactions allergiques.
  • Complications cutanées.
  • Les ennuis cicatriciels : désunion de la cicatrice, nécrose (mort de la peau) sont rares.
  • La fracture osseuse lors de la mise en place de la synthèse : il s’agit là aussi d’une complication très rare qui est due à une fragilité osseuse.
  • La paralysie nerveuse.
  • Les embolies graisseuses sont exceptionnelles.

Quels sont les principaux inconvénients et risques tardifs éventuels de l’intervention ?

  • Un démontage de la fixation peut se produire dans les suites.
  • Un cal vicieux.
  • La non consolidation de la fracture peut nécessiter une nouvelle intervention.
  • Les ossifications périarticulaires sont exceptionnelles : il s’agit de formations osseuses entourant la hanche qui peuvent survenir après l’intervention et qui sont responsables d’un enraidissement de l’articulation.
  • La raideur de la hanche : est due à la présence d’adhérences qui limitent la mobilité.
  • L’algoneurodystrophie ou algodystrophie est un « dérèglement du système nerveux qui commande les vaisseaux », responsable de douleurs, de gonflement et pouvant aboutir à une raideur de l’articulation.
  • Des douleurs
  • Une insuffisance de récupération musculaire.
  • Risques liés au tabagisme.
Résultats attendus

Les résultats attendus

La consolidation osseuse est obtenue à partir du troisième mois mais la récupération fonctionnelle est souvent plus longue et peut prendre 6 mois.

Cette récupération est très liée à l’état général du patient au moment de la fracture. Pour les patients très âgés ou très fragiles il est à craindre un niveau de fonction diminué, malgré la consolidation de la fracture.

Enfin, il est connu que dans l’année qui suit cette fracture, chez les patients âgés et fragiles, la mortalité peut atteindre 30%, essentiellement à cause de l’aggravation des maladies chroniques préexistantes.