Rupture du tendon d'Achille à Nîmes (Gard)

Les médecins du cabinet de chirurgie orhopédique situé à Nîmes (Gard) vous informent sur la rupture du tendon d'Achille.

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Qu’est-ce que la rupture du tendon d'Achille ?

Anatomie

Le tendon d’Achille relie les muscles du mollet au calcanéum qui est l’os du talon. C’est une sorte de corde constituée de nombreux filaments qui prolonge le muscle.

Le tendon d’Achille est un tendon épais, prolongement du triceps sural, il s’insère sur le calcanéum. Pour se soulever sur la pointe du pied, les muscles du mollet vont se contracter et se raccourcir. Le tendon va donc exercer une traction vers le haut et décoller le talon du sol.

Schéma du tendon d'Achille

La rupture

Avec le temps ou lors des sollicitations répétées, les filaments du tendon peuvent s’affaiblir et le tendon peut alors se rompre brutalement lors d’un effort. On parle alors de rupture du tendon
d’Achille.
 
La rupture du tendon d’Achille survient principalement lors d’un effort musculaire intense, la contraction brutale du mollet entraînant la rupture.

Rupture en plein corps du tendon d’Achille

On distingue les ruptures récentes et fraiches des ruptures anciennes passées inaperçues, négligées ou mal traitées.

  • Dans les ruptures fraîches, on dissocie les ruptures en plein tendon des ruptures en zone myotendineuse c’est-à-dire à la frontière entre le muscle et le tendon.
  • Dans les ruptures anciennes, le muscle se rétracte et une résorption des berges se fait progressivement. Cela crée un espace entre les berges de la rupture avec une perte de substance tendineuse.

La rupture du tendon d’Achille s’accompagne d’un bruit de déchirement et d’une douleur vive mais fugace.

Le diagnostic est clinique, à la palpation on constate une dépression au niveau du tendon.

La rupture du tendon va provoquer une difficulté à la marche, des douleurs et une diminution de la force.

L’évolution spontanée se fait vers un élargissement progressif de la rupture, et donc une gêne de plus en plus importante, une réparation plus difficile et un résultat plus aléatoire.

 

Déroulement

Déroulement de l'intervention de la rupture du tendon d'Achille.

Deux méthodes thérapeutiques

Adaptées en fonctions de différentes situations (localisation de la rupture du tendon, état général, activité, sport, âge...)

Le traitement orthopédique

Une immobilisation en résine est confectionnée,maintenant le pied en équin (hyperextension) de façon à rapprocher les deux parties du tendon et le laisser cicatriser.

Le patient ne doit pas appuyer sur le membre inférieur pendant trois mois et bénéficie d’un traitement anticoagulant pendant cette période.

Risques du choix thérapeutique

Récidive : le risque de nouvelle rupture est important.

Phlébite : Formation d’un caillot à l’intérieur d’une veine. La stase veineuse, due à la diminution de la mobilité en postopératoire ou à la diminution de retour veineux lors une immobilisation post traumatique (attelle, plâtre, etc.), favorise la formation de caillot (ou thrombus) dans les veines.

Ce caillot peut être important, allant jusqu’à obstruer totalement la veine sur plusieurs centimètres.

Le traitement et les risques ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agisse d’une thrombose superficielle (atteignant une veine accessoire) ou profonde (atteignant une veine profonde donc plus grosse).

Les signes sont la douleur, l’oedème de la région concernée, une fièvre discrète. Les thromboses superficielles sont sans gravitémais nécessitent un traitement pour le confort du patient et pour éviter l’aggravation.

Les thromboses profondes doivent être traitées sans délai. Le traitement dépendra de la taille et du caractère « sédentaire » ou non du caillot.

Il ira de la simple augmentation du traitement anticoagulant, au port de bas de contention jusqu’à même l’alitement strict plusieurs jours durant, s’il existe un danger de migration du caillot.

Si ce caillot se détache de la paroi de la veine, il migre dans le système circulatoire, peut obstruer une artériole pulmonaire et provoquer une embolie pulmonaire.

Algodystrophie : Complication imprévisible de certaines pathologies des membres supérieurs et inférieurs, déclenchée par un traumatisme parfois minime ou une intervention chirurgicale même mineure.

La pathologie évolue en deux phases :

  • La phase chaude et inflammatoire : les signes sont des douleurs souvent importantes, des raideurs articulaires, un oedème, une peau rougeâtre, une sensation de chaud ou de froid, une diminution de force. La radiographie montre une décalcification
  • La phase froide : l’évolution vers un enraidissement de l’articulation concernée. Parfois les signes sont limités à une partie du membre concerné, mais tout le membre peut être atteint.

 

Le laçage du tendon

Chez les patients actifs ou sportifs, le traitement chirurgical peut être proposé.

Il permet de diminuer le temps d’immobilisation, une récupération plus rapide et un taux de récidive moindre.

Intervention

Plusieurs techniques sont tout à fait possibles suivant les différentes situations :

En cas de lésion fraîche en plein corps tendineux, une réparation simple du tendon est réalisée.

Un petit abord chirurgical de quelques centimètres est centré sur la lésion.

Des fils vont être passés dans le tendon de part et d’autre de la rupture pour rapprocher les berges et réparer le tendon solidement. Des sutures complémentaires vont être ensuite réalisées pour harmoniser le contact entre les berges.

Suture du tendon d’Achille

En cas de lésion fraîche en zone myotendineuse, la remise en contact entre le muscle et le tendon est assuré par un dispositif appelé « Tenolig ».

Ce geste est fait de manière percutanée c’est-à-dire en réalisant des petites incisions de quelques millimètres.

Deux fils reliés à un harpon sont passés d’abord dans le muscle puis dans la zone de rupture et enfin dans le tendon pour ressortir par la peau.

Les fils sont ensuite tendus. Les harpons viennent ensuite s’ancrer dans le muscle permettant un rapprochement des berges.

En fin d’intervention

Les fils sont noués à leur sortie de la peau sur un bouton afin de maintenir la fixation.

Ténolig

En cas de lésion ancienne, une chirurgie de reconstruction tendineuse est nécessaire pour combler la perte de substance entre les berges.

Un abord chirurgical plus important est alors nécessaire. Une bande tendineuse est prélevée en amont de la lésion est retournée sur elle-même.

On peut aussi utiliser d’autre tendon (facia lata, ischio-jambiers prélevés au niveau de la cuisse).

Elle est suturée solidement par des fils le site de prélèvement est fermé en fin d’intervention et va cicatriser et se renforcer avec le temps.

L’intervention se déroule au bloc opératoire dans des conditions rigoureusement aseptiques.Le patient a bénéficié de la préparation cutanée d’usage en chambre avant d’être conduit au bloc opératoire.

Schéma plastie du tendon d'Achille

Plastie du tendon d'Achille

Elle peut se pratiquer sous anesthésie générale ou anesthésie loco-régionale. C’est votre anesthésiste qui décide avec vous de la meilleure anesthésie en fonction de votre état de santé.

Le chirurgien et l’équipe du bloc vous installent en position ventrale sur la table d’opération.

Après la préparation cutanée d’usage au bloc opératoire, les champs stériles sont placés.

L’incision se fait en regard du tendon sur environ 8 cm, le chirurgien suture le tendon et referme soigneusement la plaie opératoire.

Une attelle est confectionnée sur le devant de la jambe, maintenant le pied en équin et évitant les contraintes sur le tendon fraîchement suturé.

Complications

Quelles sont les complications ?

Les complications sont heureusement rares, mais il faut avoir conscience des risques, aussi minimes soient-ils. En effet, la survenue d’une complication rallonge souvent la récupération, compromet souvent le résultat attendu.

Un traitement complémentaire, spécifique est souvent nécessaire. Si la plupart des complications guérissent avec des séquelles mineures, certaines peuvent laisser un handicap lourd, très important.

En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie, notons quelques risques plus spécifiques à cette chirurgie :

La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou à une variabilité technique.

Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté. Voici celles qui sont le plus couramment rencontrées et pour lesquelles nous réalisons une prévention active (cette liste n’est pas exhaustive) :

  • Hématome : Collection de sang. Le saignement post-opératoire est quasiment systématique, certaines interventions nécessitent la mise en place.
  • Troubles de la cicatrisation : La peau peut avoir des difficultés à cicatriser et nécessiter des soins infirmiers pendant plusieurs semaines, voire une reprise chirurgicale.
  • Infection : Contamination du site opératoire par un germe.
  • Les nerfs et artères qui entourent la cheville peuvent être accidentellement blessés. Cette complication exceptionnelle peut occasionner une douleur, une perte de la sensibilité voire une paralysie de certaines parties du pied. En cas de lésion artérielle, une chirurgie vasculaire peut être nécessaire.
  • Récidive.
  • Phlébite. Des petits caillots de sang solidifié peuvent se former et se coincer dans les veines des jambes occasionnant une phlébite et nécessitant un traitement anti-coagulant pendant plusieurs semaines. cf ci-dessus.
  • Algodystrophie.
  • Des réactions inflammatoires exacerbées peuvent entrainer des adhérences et limiter la mobilité de la cheville.
  • Délire postopératoire. Parfois, les personnes âgées vivent une période de confusion ou de délire après une chirurgie.
  • Rétention urinaire. L’incapacité à uriner est un problème très fréquent après tout type de chirurgie.
  • Nausées. L’alimentation par voie intraveineuse est généralement suffisante.
  • Réactions allergiques. Les médicaments que l’on vous a prescrits peuvent causer des réactions allergiques.

Quelles sont les séquelles possibles ?

La persistance de douleur. La douleur est classiquement modérée après ce type de chirurgie, mais, comme il l’a été expliqué, parfaitement maîtrisée par le traitement qui vous sera prescrit. Elle sera surtout présente en cas de chirurgie associant à la libération du nerf, des fractures des métatarsiens médians.

Les complications neurologiques. l’anesthésie (perte de sensibilité) ou les douleurs neurologiques, dysesthésies, paresthésies, fourmillement, brulure...

La persistance d’une raideur plus ou moins importante peut se développer si la rééducation post-opératoire n’est pas bien prise en charge.

Le gonflement (oedème) n’est pas à proprement parler une complication, mais un élément normal des suites opératoires.

Une insuffisance de récupération musculaire. Il est possible de ressentir une certaine perte de force en particulier pour monter sur la pointe des pieds.

Risques liés au tabagisme.